Comment les pirates peuvent contourner Hadopi
mai 18, 2009 by Nicolas BADRIGNANS
Filed under L'actu, P2P etc.
Pirates, tremblez. Avec l’adoption définitive d’Hadopi, texte qui entend favoriser la diffusion et la protection de la création sur internet, la chasse sera bientôt ouverte. Problème pour le gouvernement : il existe déjà des solutions permettant de passer assez facilement entre les mailles du filet. Pour faire simple, la loi cible en priorité les réseaux d’échange de fichiers. Les Bittorrent et autres eMule dont le principe repose le partage des données. Je t’envoie tel bout de fichier, tu me donnes tel autre. C’est pendant ces transferts que les internautes peu scrupuleux sont repérés. Les plus aguerris, et ceux qui le deviendront, vont donc rapidement se tourner vers d’autres systèmes, plus discrets. Tout d’horizon des principaux.
Le plus simple : le partage entre amis
Les disques durs réseau sont désormais accessibles au grand public et les débits qui permettent d’envoyer des fichiers (upload) de plus en plus importants. Il devient donc possible de partager, entre personnes autorisées et à distance, n’importe quel type de contenu. Une sorte de pot commun dans lequel les amis s’échangent films, albums et autres logiciels. Encore plus simple : la clé USB ou le disque dur portable. Ce n’est pas Hadopi qui va savoir qu’un-tel est allé chez un-tel autre copier des centaines voire des milliers de fichiers. Évidemment, ces deux systèmes sont de fait limités par la taille et les ressources de sa “communauté”.
Le plus ancien : les newsgroups
Trente ans d’existence, toujours aussi performants. Les newsgroups sont, pour simplifier, des boîtes à lettres géantes classées par thèmes. Si à la base cette structure était uniquement utilisée par les scientifiques pour partager leurs connaissances, aujourd’hui les pirates s’en servent pour poster toute sorte de contenu. Ici, pas de partage. L’internaute récupère ce qu’il y a disposition. Les transferts, extrêmement rapides, sont chiffrés et les serveurs qui hébergent les fichiers souvent situés à l’étranger. Résultat : il faut déployer d’énormes moyens pour identifier les fraudeurs. Le risque est donc proche du zéro dans le cadre d’Hadopi. Reste que l’accès aux newsgroups est payant (ce qui prouve vu leur succès que les consommateurs sont prêts à mettre la main au portefeuille lorsque l’offre est de qualité) et complexes à utiliser.
Les plus rapides : les RapiShare et autres Megaupoalds
Les sites de partage de fichiers font aujourd’hui un tabac. A l’instar des newsgroups, ils sont payants et l’identification des utilisateurs est difficile. Les RapidSahre et autres Megauploads, pour ne citer qu’eux, permettent aux internautes d’envoyer et de récupérer plusieurs gigaoctects de données à vitesse grand “V”. Évidemment, ces services, moins faciles d’accès que les système P2P, ne servent pas uniquement à partager du contenu pirate. Mais dans le lot, il doit bien y avoir déjà le dernier Star Treck en haute définition…
Freezer se joue d’Hadopi
Freezer est un petit programme qui fait grand bruit sur la toile actuellement. Il est sans doute le seul à permettre d’enregistrer la musique diffusée par les sites d’écoute en streaming. Vous ne trouverez évidemment pas dans ces pages le mode d’emploi. « De par le fonctionnement de Freezer, basé sur la récupération d’un flux en streaming, l’utilisateur échappe à ce contrôle, il est indétectable pour Hadopi. Le trafic internet est en effet indifférentiable de celui d’une personne qui écouterait simplement des titres [...]. Freezer démontre simplement que l’internaute peut contourner aisément cette loi déjà obsolète », peut-on lire sur le site du programme. Après tout, Hadopi ne nous empêche pas d’enregistrer la musique qui passe à la radio !


